Le Bassin de la Villette

Le 19ème arrondissement est le plus populaire de Paris. Quand on dit populaire, on parle bien de cités, de gens de partout, on est bien loin des « snobs » des beaux quartiers. Mais il y a quelque chose dans le 19ème qui le rend unique et enviable : le Bassin de la Villette, le plus grand plan d’eau artificiel de Paris. Le Bassin de la Villette, permet de se reposer les yeux, un peu à l’écart de la foule que l’on peut voir au Canal Saint Martin, tout proche dès que le soleil pointe un peu le bout de son nez. Quand on a envie de se promener et profiter d’un peu de calme et d’horizons un peu moins bouchés que les vis-à-vis de nos rues parisiennes, c’est une bonne idée d’y faire un tour.

On vient ici se promener au bord de l'eau

On vient ici se promener au bord de l’eau

Une péniche garée sur le Bassin de la Villette

Une péniche garée sur le Bassin de la Villette

De nuit, le bassin est magnifique

De nuit, le bassin est magnifique

Beaucoup de fenêtres allumées dans les grands immeubles

Beaucoup de fenêtres allumées dans les grands immeubles

En soirée, le bassin est calme

En soirée, le bassin est calme

Résidence Universitaire Quai de Loire

Résidence Universitaire Quai de Loire

Sculpture : Vaisseau II Mille, sur le Quai de la Loire

Sculpture : Vaisseau II Mille, sur le Quai de la Loire

Cinéma MK2 Quai de Loire

Cinéma MK2 Quai de Loire

Le bateau de Canauxrama est sagement à quai

Le bateau de Canauxrama est sagement à quai

Feu rouge de l'écluse

Feu rouge de l’écluse

De l'autre coté, le MK2 Quai de Seine

De l’autre coté, le MK2 Quai de Seine

Au fond à droite, la Tour TDF de Romainville

Au fond à droite, la Tour TDF de Romainville

Tout au fond, les Grands Moulins de Pantin

Tout au fond, les Grands Moulins de Pantin

Pont de Flandre

Pont de Flandre

église Saint-Jacques-Saint-Christophe de la Villett

église Saint-Jacques-Saint-Christophe de la Villett

Une maison au bord du bassin

Une maison au bord du bassin

Beaucoup de gens habitent au bord du bassin

Beaucoup de gens habitent au bord du bassin

C'est moche une tour d'habitations à cet endroit…

C’est moche une tour d’habitations à cet endroit…

Le Bassin de la Villette avait été voulu par Napoléon lui-même, dans le prolongement du Canal de l’Ourcq : il s’agissait d’amener de l’eau à Paris, mais aussi de permettre la navigation des bateaux. C’est sous la direction de Pierre-Simon Girard que le Canal de l’Ourcq et son point de chute, le Bassin de la Villette, seront construits. Les canaux de Paris avaient donc au début une fonction utilitaire : il s’agissait d’acheminer des marchandises. La voie fluviale était au XIXème siècle bien plus commode sur bien des aspects que par la route ou par le train. Malheureusement, l’amélioration des routes et surtout des moyens de transport routiers ont provoqué le long déclin du transport fluvial, et le progressif abandon des canaux. Le Bassin de la Villette était, avant la percée du canal Saint-Martin, le point d’arrivée des bateaux, venus par le Canal de l’Ourcq. C’est pour ça qu’il est beaucoup plus large qu’un simple canal : il fallait pouvoir accueillir les bateaux venus décharger leurs marchandises aux Magasin généraux qui s’y trouvaient, aujourd’hui devenus la « Cité Internationale Universitaire » depuis 2007, une résidence « hors les murs » de la célèbre Cité U du Boulevard Jourdan. Les anciens Magasins, construits entre 1845 et 1853 entreposaient des marchandises comme de l’huile, de la farine ou des grains : des biens de consommation courante.

La restauration des magasins a, de mon point de vue, été très bien faite, et son utilisation finale est idéale : des logements étudiants dans un endroit magique de la ville de Paris. Le seul bémol que je trouve, parce qu’il y a toujours quelque chose à redire : difficile ensuite pour un étudiant lancé dans la vie active de trouver un appart aussi bien que son logement étudiant ! Mais au moins il gardera un bon souvenir de Paris, enfin, celui qui a la chance d’avoir pu vivre ici le temps de ses études parisiennes.

Le Bassin de la Villette est en fait constitué de deux parties. Vous avez le grand bassin, qui commence à la Rotonde de la Villette, et qui se termine par le Pont de Flandre. La deuxième partie, beaucoup de gens croient en fait que c’est le prolongement du Canal de l’Ourcq, mais il n’en est rien : c’est toujours le Bassin de la Villette qui va du pont levant de Flandre au rond-point des canaux, où se joignent le Canal de l’Ourcq et le Canal de Saint-Denis. Ce deuxième bassin est beaucoup moins large et ressemble beaucoup plus à un canal qu’à un bassin, c’est sûr : 30 m de large pour 730 de long, contre les 70 m de large et 699 m de long du premier bassin.  Ces canaux sont les témoins de l’histoire parisienne au XIXème siècle. Enfin parisienne… il ne faut pas oublier qu’au moment de l’inauguration du Bassin de la Villette, en 1808, le quartier n’était pas encore Paris ! Nous étions aux portes de la capitale, et la Rotonde de la Villette, imaginée par l’architecte Claude Nicolas Ledoux était intégrée au mur des Fermiers généraux, délimitant ce qui était Paris de ce qui ne l’était pas. Pour la petite histoire, la Rotonde de la Villette était donc un « propylée », un des bâtiments des « barrières », les passages qui permettaient de rentrer dans Paris. Un autre propylée dont je vous avais parlé est formé par les Colonnes de la barrière du Trône, récemment en travaux de restauration.

Au début de l’histoire du Bassin de la Villette, pendant la première moitié du XIXème siècle, les parisiens venaient ici se promener au bord de l’eau, qui était alors entouré de jardins. On appelait alors cet endroit de « petite Venise parisienne ». Ce n’est que pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, avec l’avènement de l’ère industrielle que cette caractéristique du Bassin changea et ne devint plus qu’un plan d’eau utilitaire. C’était devenu un immense pôle d’activité portuaire. C’est à ce moment que le Bassin de la Villette fut agrandit, de 1880 à 1883, au vu de la croissance de son activité, et que le pont levant de la rue de Crimée, le « Pont de Flandre », fut construit. L’industrialisation forcée de ce siècle fit perdre l’un des endroits les plus plaisants de Paris, et ce n’est qu’avec la fin de son activité que les parisiens récupèrent peu à peu le Bassin de la Villette, qui n’a pratiquement plus de fonction pratique autre que culturelle.

Oui, aujourd’hui, le Bassin de la Villette a avant tout une dimension culturelle, sportive et de loisirs. De nombreuses péniches longent ainsi ses quais, proposant par exemple des salles de spectacle comme le « plus petit opéra de Paris » ou celle de la péniche Antipode. Mais culturellement, l’impact majeur et le plus visible est sans doute l’installation des complexes de cinéma MK2, un sur chaque quai, qui illuminent de leurs lumières les eaux du bassin. Un petit bateau fait la liaison entre les deux cinémas, la navette « zéro de conduite ». Sinon, pour les plus sportifs, il est possible de venir au bassin faire de l’aviron. Pour ma part, je me limite à faire un peu de jogging le long du Quai de la Loire et du Quai de Seine si j’en ai l’occasion.

Les activités culturelles ont bien sûr beaucoup de bon, mais parfois il peut y avoir de l’égarement. C’est malheureusement trop souvent le cas à Paris. Il y avait il n’y a pas si longtemps une étrange structure métallique, posée sur l’allée longeant le bassin, la promenade « Jean Vigo ». On aurait dit une fusée. Après quelques recherches, il s’avère que cette ancienne structure métallique, lourde de 9 tonnes, était en fait une sculpture créée par des élèves de plusieurs lycées professionnels de Paris et d’Ile-de-France, pour fêter l’an 2000. Cette sculpture était un clin d’œil, de par sa forme et sa matière, à la Tour Eiffel. Baptisé « Vaisseau II Mille » et installé en novembre 1999, cette œuvre y restera jusqu’en 2010, alors qu’elle ne devait y rester que pendant toute l’année 2000… Mais le peu d’intérêt pour cette sculpture fit qu’on l’oublia dans ce coin de Paris. Abandonnée à son triste sort, ce « vaisseau spatial » sera vandalisé, on lui volera son buste de Jules Vernes, on la taguera, bref, ce n’était plus qu’un tas de ferraille pour bon nombre de gens. Elle sera finalement récupérée par le Lycée Jean-Pierre Timbaud de Brétigny-sur-Orge, libérant ainsi cet espace parisien.

Je trouve toujours dommage que l’on dévalorise ainsi le travail d’autrui, surtout quand il est l’œuvre collective de beaucoup de personnes, et qu’il ne défigurait pas le paysage, contrairement à d’autres monstruosités de la capitale. Mais voila, la sculpture n’a pas été faite par un « nom » connu du milieu artistique parisien (comprendre : bobos amis du maire), et a donc eu le triste sort qu’on lui connaît. Le Bassin de la Villette lui, ne permet plus aux promeneurs de se poser des questions en regardant un bien curieux objet posé là : j’ai perdu un sujet de conversation !


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Un commentaire pour "Le Bassin de la Villette"

  1. Antoine dit :

    Pourriez-vous me dire à quelle adresse est situé le plus petit opéra de Paris dont vous parlez dans votre article.

    Merci par avance pour votre réponse.

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